samedi 1 avril 2017

Interview de Jean-Jacques Langendorf; La pensée militaire prussienne de Frédéric le Grand à Schlieffen


Jean-Jacques Langendorf est historien, écrivain et maître de recherche à l'Institut de Stratégie et des Conflits – Commission Française d'Histoire Militaire. Auteur prolixe, il a beaucoup écrit sur l'histoire militaire suisse mais aussi sur des sujets plus inattendus. Jean-Jacques Langendorf a publié La pensée militaire prussienne, études de Frédéric le Grand à Schlieffen aux éditions Economica en 2012 et a bien voulu répondre à nos questions sur son ouvrage.


Propos recueillis par Adrien Fontanellaz  








lundi 6 février 2017

La première bataille d’Elephant Pass ; juillet-août 1991


Entre approximativement le milieu des années 70 et 2009, le Sri Lanka fut déchiré par une guerre civile qui opposa le gouvernement central aux indépendantistes tamouls. A bien des égards, la première bataille d’Elephant Pass en 1991 peut être considérée comme un des tournants de ce long conflit.

Adrien Fontanellaz 


vendredi 6 janvier 2017

Bataille pour Bakou

Bien que la principale zone de conflit de la Première Guerre mondiale se trouve en Europe, les armées de la Grande-Bretagne, de la France, de la Russie, de l’Allemagne, de l’Empire ottoman se combattent également en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. Parmi les moins connus de ces champs de bataille dispersés à travers le monde se trouve ce que l'on appelle alors la Transcaucasie. L’effondrement de l’Empire tsariste déstabilise le vaste territoire qui va du Caucase aux frontières de l’Inde qui devient alors un lieu de confrontation entre les puissances en guerre. Si la région suscite bien des convoitises c’est d’abord parce qu’elle est une zone stratégique reliant la Méditerranée et l’Europe à l’Asie centrale. Mais à ce motif ancien, fruit des nombreuses guerres qui opposèrent par le passé les Russes et les Ottomans, s’en ajoute un nouveau en ce début de 20e siècle, le pétrole.

Bakou est emblématique de l’importance géopolitique que représente alors le Caucase. La ville, aux confins de la Russie et de la Perse, port sur la mer Caspienne ouvrant sur l’Asie centrale est également au centre d’un riche champ pétrolifère. La ville devient au début de l’année 1918 le centre d’une lutte féroce où s’affrontent Ottomans, Britanniques et Soviétiques alors que les nationalités locales, géorgiennes, arméniennes et azerbaïdjanaises affirment leur volonté d’indépendance. Épisode méconnu de la Première Guerre mondiale, la bataille pour le contrôle de Bakou préfigure les affrontements qui, jusqu’à nos jours, démontrent le rôle clef que joue la région du Caucase.

David FRANCOIS

samedi 3 décembre 2016

Carro Veloce




L’armée italienne a été, jusqu’à relativement récemment, l’une des grandes négligées de l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale, notamment parce que les travaux des historiens italiens ont été peu traduits dans le monde anglo-saxon et francophone. De ce fait, les clichés issus des perspectives allemandes et britanniques – où il n’est question que de matériels désuets, d’un corps des officiers globalement incompétent, de troupes peu combatives, bref, d’un outil militaire en faillite - sur les forces armées italiennes ont eu une vie particulièrement longue. Pourtant, ces préconceptions ont été remises en question au cours des dernières décennies par diverses publications en dehors de la péninsule italienne, et ces dernières révèlent une réalité évidemment plus nuancée. Dès lors, il nous a paru intéressant d’exploiter certaines d’entre elles afin de mettre en perspective la genèse d’un blindé souvent présenté comme une véritable incarnation de l’impéritie militaire italienne ; le CV-33/35. En effet, si l’histoire de ce véhicule révèle en creux les limites évidentes de l’armée italienne, il souligne aussi les profonds bouleversements doctrinaux qui traversaient le Regio Esercito – bien loin des préconceptions portant sur un corps des officiers dont la pensée serait restée figée dans les pires pratiques de la Première guerre mondiale et convaincu qu’une guerre se gagnait avant tout avec des hommes et des mules. 


 

Adrien Fontanellaz

mardi 1 novembre 2016

Colonisation, révolte et indépendance : Texas, 1821 – 1845


Dans les années 1830, des colons anglo-américains se sont petit à petit approprié une province du Mexique. La réaction brutale de ce dernier a conduit notamment au célèbre siège de fort Alamo, devenu un mythe popularisé par la culture américaine. Comment on est-on arrivé là ? Cette bataille, qui est loin d’être la seule, a-t-elle été aussi décisive que le vante la légende ? Que s’est-il passé après, jusqu’à l’intégration du Texas dans l’Union ?
Jérôme Percheron


2 Octobre 1835, début de la révolte texiane. Les miliciens de la colonie de Gonzales sont décidés à combattre les soldats mexicains venus leur reprendre leur canon. « Come and take it ! » (« Venez donc le prendre ! ») (http://eleghosnews.blogspot.fr/2015/04/texas-revolutionbattle-of-gonzalesmolon.html)



samedi 1 octobre 2016

Histoire militaire suisse - interview de Pierre Streit


Pierre Streit est historien et travaille pour le Département fédéral de la Défense, de la Protection de la population et des Sports. Il a été le directeur scientifique du Centre d'histoire et de prospective militaire à Lausanne pendant 10 ans. Auteur de nombreux articles sur l'histoire militaire et la polémologie, il a déjà plusieurs ouvrages à son actif, portant sur l’histoire militaire suisse ou encore l’armée romaine. Il a notamment publié Morat(1476), l’indépendance des cantons suisses dans la collection Campagnes & stratégies des éditions Economica en mars 2009, ou, plus récemment, une étude sur la bataille d’Arnhem. Pierre Streit vient de publier aux éditions Infolio une seconde version, considérablement enrichie, de son Histoire militaire suisse, et a accepté de répondre à nos questions y relatives.
Propos recueillis par Adrien Fontanellaz   

jeudi 1 septembre 2016

Madrid 1936, tombeau du fascisme ?

Dans la dernière semaine d’octobre 1936 la majorité des journalistes et des observateurs présents en Espagne estime que la prise de Madrid par les forces nationalistes est une question de jours, voire de semaines et qu’aucun miracle ne pourrait venir sauver la capitale de l’Espagne républicaine. Depuis trois mois, en effet, les forces loyalistes n’ont pas connu un seul succès en rase campagne contre les troupes nationalistes à l’exception du coup d’arrêt porté dans la Sierra de Guaderrama aux troupes de Mola venant du nord. Mais le danger principal vient du sud où la rapidité de la progression de l’armée commandée par Franco laisse croire à une fin rapide de la guerre civile en faveur des rebelles.

Le camp républicain doute et nombreux sont ceux qui en son sein pensent que Madrid ne pourra être conservé. La décision du gouvernement de quitter la capitale laisse penser que cette opinion est aussi partagée à la tête de l’État. Les nationalistes sont quant à eux optimistes et ils estiment qu’ils défileront bientôt au cœur de la capitale. Certains de leur victoire prochaine, ils désignent déjà les nouvelles autorités qu’ils vont installer à Madrid, préparent des orchestres, instaurent huit conseils de guerre et font venir de Navarre des autels portatifs pour célébrer les premières messes dans la ville libérée. Ils attendent beaucoup de la prise de capitale, notamment le statut de puissance belligérante et une reconnaissance internationale mais surtout la fin de la guerre à leur avantage.

Mais Madrid, en novembre 1936, va être le témoin d’un épisode militaire inattendu. Démentant les pronostics les plus avertis, la ville va résister militairement aux rebelles et les frustrer d’une victoire qu’ils pensaient déjà acquise. La capitale espagnole devient alors le symbole de la résistance au fascisme tandis que l’échec nationaliste change le cours du conflit pour le transformer en une véritable guerre civile, une guerre longue. C’est là également que se forge une nouvelle armée, que naît le mythe puissant des Brigades internationales et que meurent les certitudes et les mauvais jugements sur la nature du conflit espagnol.

Comment néanmoins expliquer la résistance de la capitale espagnole alors que la situation semblait perdue ? La réponse est multiple et la défense de Madrid peut être analysés sous divers angles mais sans jamais oublier la portée de cet événement.

David FRANCOIS

lundi 1 août 2016

F-7 sur l’Afrique


Les bases de l’industrie aéronautique militaire chinoise furent très largement posées entre 1949, année de l’arrivée au pouvoir du parti communiste chinois, et le tout début des années soixante, grâce à un important soutien soviétique.  Le schisme entre Moscou et Pékin interrompit ensuite cette coopération, et l’industrie aéronautique chinoise, isolée de l’extérieur et désorganisée par le Révolution culturelle, stagna pendant une décennie, avant de reprendre un développement qualitatif qui allait l’amener, quatre décennies plus tard, à se montrer capable de produire des prototypes de chasseurs furtifs développés localement, comme le J-20 ou le J-31.   Très tôt, la République Populaire de Chine prit une place importante dans le marché mondial des armements, que ce soit pour des raisons politiques – la rivalité avec l’URSS pour le rôle de pays leader du communisme dans le Tiers-monde joua longtemps un rôle majeur – ou purement mercantiles.  Hors, aborder l’histoire de l’introduction de l’un des principaux armements exportés d’origine chinoise dans une aire géographique spécifique – l’Afrique –  révèle en creux nombre de contraintes avec lesquels doivent opérer nombre de forces aériennes aux moyens limités.



Adrien Fontanellaz 


mercredi 6 juillet 2016

Une insurrection communiste en Estonie : le soulèvement du 1er décembre 1924

A la fin de 1924 la position de Grigori Zinoviev au sommet de l'appareil du pouvoir soviétique apparaît compromise. Le président de l'Internationale communiste, qui prône une politique offensive, voire gauchiste, n'a connu que des défaites. L'Octobre allemand de 1923 a été un fiasco tout comme la tentative d'insurrection en Bulgarie en septembre 1923. La position de Zinoviev est d'autant plus inconfortable, qu'après la mort de Lénine en janvier 1924, il s'est allié à Staline pour combattre Trotski. Une fois ce dernier éliminé de la course au pouvoir, ce qui est chose faite à la fin 1924, l'affrontement commence entre les deux anciens partenaires. Dans cette nouvelle compétition, Staline cherche à s'appuyer sur les aspirations des cadres soviétiques qui veulent profiter de la Nouvelle politique économique et normaliser les relations entre la jeune URSS et le monde capitaliste. Une relance du processus révolutionnaire en Europe par le biais d'une insurrection réussie ne peut donc que servir la légitimité et le prestige révolutionnaire de Zinoviev dans sa lutte contre Staline et dés le début de 1924 il fixe son attention sur l'Estonie.

David FRANCOIS