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lundi 6 février 2017

La première bataille d’Elephant Pass ; juillet-août 1991


Entre approximativement le milieu des années 70 et 2009, le Sri Lanka fut déchiré par une guerre civile qui opposa le gouvernement central aux indépendantistes tamouls. A bien des égards, la première bataille d’Elephant Pass en 1991 peut être considérée comme un des tournants de ce long conflit.

Adrien Fontanellaz 


jeudi 1 septembre 2016

Madrid 1936, tombeau du fascisme ?

Dans la dernière semaine d’octobre 1936 la majorité des journalistes et des observateurs présents en Espagne estime que la prise de Madrid par les forces nationalistes est une question de jours, voire de semaines et qu’aucun miracle ne pourrait venir sauver la capitale de l’Espagne républicaine. Depuis trois mois, en effet, les forces loyalistes n’ont pas connu un seul succès en rase campagne contre les troupes nationalistes à l’exception du coup d’arrêt porté dans la Sierra de Guaderrama aux troupes de Mola venant du nord. Mais le danger principal vient du sud où la rapidité de la progression de l’armée commandée par Franco laisse croire à une fin rapide de la guerre civile en faveur des rebelles.

Le camp républicain doute et nombreux sont ceux qui en son sein pensent que Madrid ne pourra être conservé. La décision du gouvernement de quitter la capitale laisse penser que cette opinion est aussi partagée à la tête de l’État. Les nationalistes sont quant à eux optimistes et ils estiment qu’ils défileront bientôt au cœur de la capitale. Certains de leur victoire prochaine, ils désignent déjà les nouvelles autorités qu’ils vont installer à Madrid, préparent des orchestres, instaurent huit conseils de guerre et font venir de Navarre des autels portatifs pour célébrer les premières messes dans la ville libérée. Ils attendent beaucoup de la prise de capitale, notamment le statut de puissance belligérante et une reconnaissance internationale mais surtout la fin de la guerre à leur avantage.

Mais Madrid, en novembre 1936, va être le témoin d’un épisode militaire inattendu. Démentant les pronostics les plus avertis, la ville va résister militairement aux rebelles et les frustrer d’une victoire qu’ils pensaient déjà acquise. La capitale espagnole devient alors le symbole de la résistance au fascisme tandis que l’échec nationaliste change le cours du conflit pour le transformer en une véritable guerre civile, une guerre longue. C’est là également que se forge une nouvelle armée, que naît le mythe puissant des Brigades internationales et que meurent les certitudes et les mauvais jugements sur la nature du conflit espagnol.

Comment néanmoins expliquer la résistance de la capitale espagnole alors que la situation semblait perdue ? La réponse est multiple et la défense de Madrid peut être analysés sous divers angles mais sans jamais oublier la portée de cet événement.

David FRANCOIS

vendredi 20 septembre 2013

Le grand tourment sous le ciel Première période : Les Seigneurs de Guerre (2/2)

La guerre Anh – Chi (1920)


Du nom du conflit qui opposa les Cliques de l’Anhwei et du Chihli et à la surprise générale au détriment du premier. En effet, son chef Tuan Chi Jui semblait sur le point de s’imposer sur la scène politique nationale en contrôlant déjà la majeure partie des provinces du Nord et du Centre. Il avait noué des alliances avec la Clique du Fengtien en Mandchourie et bénéficiait comme celui-ci du soutien des Japonais. Surtout, il s’appuyait sur « l’armée de défense des frontières », considérée comme étant la plus moderne de Chine. D’ailleurs, dans une démonstration de force, des unités de celle-ci furent envoyés mater la première tentative d’indépendance de la Mongolie Extérieure en novembre 1919. Cette action s’inscrivait officiellement dans le cadre de la participation chinoise à l’effort allié en Sibérie contre les bolcheviques russes. Mais cette opération fut perçue par Chang Tso Lin comme une provocation ; le chef de la Clique du Fengtien avait lui-même des vues sur la région. Rompant les accords passés, il engagea des tractations secrètes avec Tsao Kun, chef de la Clique du Chihli. Ce dernier avait installé son quartier général au carrefour ferroviaire stratégique de Shihchiachuang d’où il massait ses troupes.

Tuan Chi Jui, trop sur de lui, fit une seconde erreur qui servit de prétexte au déclenchement des hostilités. Arguant de sa qualité de « chef de gouvernement », il décide de nommer un nouveau gouverneur de sa Clique, Wu Kuang Hsin, à la tête de la province contestée du Hunan. Charge à celui-ci d’y mater les différents seigneurs locaux. L’opération se heurte d’emblée à la Clique du Chihli dont les meilleures troupes, la 3e division, occupe déjà le sud de la province. Son chef Wu Pei Fu est sans conteste un des meilleurs officiers chinois. D’origine mandarinale, on le surnomme le « poète », car en campagne il se fait amener sa collection de pinceaux et d’encriers pour y rédiger des poèmes. C’est aussi un redoutable tacticien, sachant coordonner avec brio l’infanterie, l’artillerie et mêmes des véhicules motorisés et la TSF. Audacieux, il utilise les chemins de fer pour sa logistique et déplacer ses troupes sur de grandes distances pour prendre l’ennemi à revers.


Albert Grandolini

dimanche 15 septembre 2013

Le grand tourment sous le ciel. Première période : Les Seigneurs de Guerre (1/2)


Remarques préliminaires


Tous travaux concernant la Chine se heurtent à la transcription des idéogrammes chinois en alphabet latin. Compte tenu que l’auteur s’est appuyé principalement sur des sources anglophones, certaines datant d’une période antérieure aux année 1980, date à laquelle le système de transcription Pinyin a commencé à s’imposer, il a pris le parti d’utiliser l’ancien système Wade Giles, alors la norme internationale en usage. Le système de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO), longtemps utilisé en France, fonctionne sur le même principe de retranscription phonétique. Au delà de l’exercice périlleux de tous retranscrire en Pinyin, il est à noter que de nombreux noms de localités ou de repères géographiques ont changé de dénomination depuis 1949 en Chine. En se référant aux sources de l’époque, il limite au minimum les erreurs de traductions des noms alors en usage. Au delà des problèmes linguistiques, il est à remarquer que se cache aussi un problème politique car aujourd’hui encore Taiwan, la « province rebelle », refuse d’utiliser le Pinyin, préférant toujours le Wade Giles.

Les lecteurs désireux de se faire préciser la prononciation d’un mot pourront néanmoins se référer à l’annexe du tableau des conversions de l’UNESCO. 




Alors que la Chine est en train de surgir sur la scène mondiale en tant qu’acteur géopolitique majeur il parait opportun de se pencher sur son passé récent, un passé fait de violence que le régime actuel met en avant afin d’y puiser sa légitimité. Un passé aussi réinterprété et souvent méconnu en Occident et qui nourrit aujourd’hui un sentiment nationaliste grandissant dans le pays. Cette étude se veut une introduction à ce vaste sujet qu’est l’histoire militaire contemporaine de la Chine, de la chute de l’empire à l’avènement de la République Populaire.

A l’issue d’un développement mené à un rythme effréné, celle-ci s’est hissée au deuxième rang économique mondial alors que les disparités internes ravivent les tensions à la fois sociales et spatiales d’un immense territoire aux particularismes régionaux encore bien vivaces. Tout au long de son histoire l’empire du Milieu a dû composer avec à la fois des forces centripètes qui poussaient à la centralisation du pouvoir en un état fort, et de l’autre des forces centrifuges qui l’entraînaient vers sa dislocation dès que ce dernier s’affaiblissait au profit des autonomies régionales. Surmonter ces tendances, apprendre à les dompter afin d’unifier ce vaste ensemble pour en faire émerger la Chine moderne fut un processus long et douloureux dont il importe de faire remonter les origines à la fin de la dynastie Ch’ing.
 

Albert Grandolini.