L'armée
ottomane
Pendant
longtemps, toute étude sérieuse sur l'armée ottomane en Occident a
été entravée par des préjugés liées à la peur du « péril
turc », remontant à l'époque des conflits entre Etats
chrétiens et l'Empire ottoman musulman. Ces préjugés sont
tellement enracinés qu'ils sont aujourd'hui à peine remarqués :
les costumes de la plupart des cirques, par exemple, sont souvent une
moquerie à peine déguisée (sic) des uniformes ottomans. Les
témoins de l'époque sont parfois beaucoup plus objectifs. Laonikos
Chalcocondyle, qui écrit à la fin du XVème siècle, après 1480,
note ainsi que le succès des Ottomans doit beaucoup à leur stricte
discipline, à une bonne logistique, à une attention portée au bon
état des routes, à des camps bien montés et à des services de
premier ordre.
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| Les soldats de l'armée ottomane au début du XVème siècle : un fantassin yaya, un cavalier spahi de l'armée provinciale et un fantassin régulier.-Source : Osprey. |
Dès
le milieu du XIVème siècle, les sultans ottomans alignent des
effectifs militaires considérables, relativement à la taille de
leur Etat. Les Turcomans nomades servent en tant qu'akincis
s'ils sont des volontaires attirés par le pillage, ou comme yürüks
s'ils se regroupent en contingent tribal. Ce sont des archers montés,
parfois équipés d'armures lamellaires et d'un lasso : ils ne
peuvent prendre des forteresses ou occuper des territoires, aussi le
sultan les utilise-t-il comme « raiders » sur la
frontière. Orhan est le premier à organiser une armée
véritablement professionnelle, comprenant des musulmans et des
chrétiens. Les cavaliers sont dirigés par des sanjak beys et
sont répartis en unités de 1000 et de 100. Les fantassins, de la
même façon, sont regroupés en dizaines, centaines et milliers. Les
hommes à pied sont surtout des archers : quand ils servent chez
les Byzantins, ceux-ci les appellent mourtatoi. Payés en
numéraire, on leur octroie ensuite des terres. Ces troupes sont en
général plus fidèles au chef local qu'au sultan, aussi celui-ci
les relègue-t-il souvent en deuxième ligne dès la fin du XIVème
siècle.
