« Dieu les fera tous
s'enfuir/Ainsi qu'on voit s'évanouir/Un amas de fumée.1 »
La guerre des camisards.
1702.
Des protestants, paysans, tisseurs, se soulèvent dans les Cévennes
pour réclamer la liberté de conscience. Le soulèvement dépasse la
simple révolte locale pour enflammer les gazettes des pays
protestants d'Europe et inquiéter Versailles. Pendant deux ans,
jusqu'en 1704, quelques milliers de combattants improvisés résistent
à 20 000 soldats royaux et à deux maréchaux. Vaincus, les
camisards tentent de relancer la guerre jusqu'en 17102.
C'est en 1703 que le mot « camisard » apparaît
pour les désigner : l'un d'entre eux, Abraham Mazel, qui rédige
ses mémoires cinq ans plus tard, ne peut pas trancher entre deux
origines, celle de l'attaque nocturne (camisade) ou du
vêtement de la chemise3,
ou camisole. C'est en tout cas le mot qui est resté pour désigner
cette guerre hors norme4,
ni révolte traditionnelle, ni guerre de religion classique, à la
fois événement historique important mais aussi formidable objet
d'étude pour les historiens.
Stéphane Mantoux.