La
guerre Anh – Chi (1920)
Du
nom du conflit qui opposa les Cliques de l’Anhwei et du Chihli et à
la surprise générale au détriment du premier. En effet, son chef
Tuan Chi Jui semblait sur le point de s’imposer sur la scène
politique nationale en contrôlant déjà la majeure partie des
provinces du Nord et du Centre. Il avait noué des alliances avec la
Clique du Fengtien en Mandchourie et bénéficiait comme celui-ci du
soutien des Japonais. Surtout, il s’appuyait sur « l’armée
de défense des frontières », considérée comme étant la
plus moderne de Chine. D’ailleurs, dans une démonstration de
force, des unités de celle-ci furent envoyés mater la première
tentative d’indépendance de la Mongolie Extérieure en novembre
1919. Cette action s’inscrivait officiellement dans le cadre de la
participation chinoise à l’effort allié en Sibérie contre les
bolcheviques russes. Mais cette opération fut perçue par Chang Tso
Lin comme une provocation ; le chef de la Clique du Fengtien
avait lui-même des vues sur la région. Rompant les accords passés,
il engagea des tractations secrètes avec Tsao Kun, chef de la Clique
du Chihli. Ce dernier avait installé son quartier général au
carrefour ferroviaire stratégique de Shihchiachuang d’où il
massait ses troupes.
Tuan
Chi Jui, trop sur de lui, fit une seconde erreur qui servit de
prétexte au déclenchement des hostilités. Arguant de sa qualité
de « chef de gouvernement », il décide de nommer un
nouveau gouverneur de sa Clique, Wu Kuang Hsin, à la tête de la
province contestée du Hunan. Charge à celui-ci d’y mater les
différents seigneurs locaux. L’opération se heurte d’emblée à
la Clique du Chihli dont les meilleures troupes, la 3e
division, occupe déjà le sud de la province. Son chef Wu Pei Fu est
sans conteste un des meilleurs officiers chinois. D’origine
mandarinale, on le surnomme le « poète », car en
campagne il se fait amener sa collection de pinceaux et d’encriers
pour y rédiger des poèmes. C’est aussi un redoutable tacticien,
sachant coordonner avec brio l’infanterie, l’artillerie et mêmes
des véhicules motorisés et la TSF. Audacieux, il utilise les
chemins de fer pour sa logistique et déplacer ses troupes sur de
grandes distances pour prendre l’ennemi à revers.
Albert Grandolini