Remarques
préliminaires
Tous
travaux concernant la Chine se heurtent à la transcription des
idéogrammes chinois en alphabet latin. Compte tenu que l’auteur
s’est appuyé principalement sur des sources anglophones, certaines
datant d’une période antérieure aux année 1980, date à laquelle
le système de transcription Pinyin a commencé à s’imposer, il a
pris le parti d’utiliser l’ancien système Wade Giles, alors la
norme internationale en usage. Le système de l’Ecole française
d’Extrême-Orient (EFEO), longtemps utilisé en France, fonctionne
sur le même principe de retranscription phonétique. Au delà de
l’exercice périlleux de tous retranscrire en Pinyin, il est à
noter que de nombreux noms de localités ou de repères géographiques
ont changé de dénomination depuis 1949 en Chine. En se référant
aux sources de l’époque, il limite au minimum les erreurs de
traductions des noms alors en usage. Au delà des problèmes
linguistiques, il est à remarquer que se cache aussi un problème
politique car aujourd’hui encore Taiwan, la « province
rebelle », refuse d’utiliser le Pinyin, préférant toujours
le Wade Giles.
Les
lecteurs désireux de se faire préciser la prononciation d’un mot
pourront néanmoins se référer à l’annexe du tableau des
conversions de l’UNESCO.
Alors
que la Chine est en train de surgir sur la scène mondiale en tant
qu’acteur géopolitique majeur il parait opportun de se pencher sur
son passé récent, un passé fait de violence que le régime actuel
met en avant afin d’y puiser sa légitimité. Un passé aussi
réinterprété et souvent méconnu en Occident et qui nourrit
aujourd’hui un sentiment nationaliste grandissant dans le pays.
Cette étude se veut une introduction à ce vaste sujet qu’est
l’histoire militaire contemporaine de la Chine, de la chute de
l’empire à l’avènement de la République Populaire.
A
l’issue d’un développement mené à un rythme effréné,
celle-ci s’est hissée au deuxième rang économique mondial alors
que les disparités internes ravivent les tensions à la fois
sociales et spatiales d’un immense territoire aux particularismes
régionaux encore bien vivaces. Tout au long de son histoire l’empire
du Milieu a dû composer avec à la fois des forces centripètes qui
poussaient à la centralisation du pouvoir en un état fort, et de
l’autre des forces centrifuges qui l’entraînaient vers sa
dislocation dès que ce dernier s’affaiblissait au profit des
autonomies régionales. Surmonter ces tendances, apprendre à les
dompter afin d’unifier ce vaste ensemble pour en faire émerger la
Chine moderne fut un processus long et douloureux dont il importe de
faire remonter les origines à la fin de la dynastie Ch’ing.
Albert Grandolini.