Depuis
le soutien apporté par Lord Byron aux insurgés grecs en révolte
contre les Ottomans pour
conquérir leur indépendance, les guerres de libération nationale
en Europe ont toujours connu leur flot de volontaires étrangers
venus au secours de la liberté menacée. A partir du XXe siècle ce
volontariat prend également une dimension idéologique symbolisée
par la formation des Brigades internationales lors de la guerre
civile espagnole entre 1936 et 1938. Le dernier conflit militaire sur
le sol européen, celui qui ensanglanta la Yougoslavie dans les
années 1990, possède à la fois une composante nationale et
idéologique propice à l'arrivée de volontaires venus du monde
entier. C'est ainsi qu'environ 2 000 volontaires musulmans et
non-musulmans s'engagent dans l'Armija BiH, l'armée du gouvernement
de Bosnie-Herzégovine tandis que des Russes, des Ukrainiens, des
Roumains et des Grecs rejoignent l'armée serbe et surtout les
troupes de la République serbe de Bosnie.
La
Croatie n'attire pas plus de volontaires que ses adversaires mais
ceux-ci sont souvent décrits soit comme des mercenaires, soit comme
des militants de l'extrême-droite. Il est évident que les anciens
volontaires dans les forces croates refusent ces adjectifs et se
définissent avant tout comme des soldats au service de
l'indépendance et de la liberté du peuple croate. C'est au final
prés de 500 volontaires étrangers venant de 35 pays qui auraient
combattu dans les formations croates que ce soit la Garde nationale
croate (ZNG), l'armée croate (HV), la Ligue de défense croate
(HOS), la Force de défense croate (HVO) puis à partir de 1992 dans
les forces croates déployées en Bosnie.
David FRANCOIS