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lundi 1 juillet 2013

L’armée romaine d’Orient et la fin du royaume vandale d’Afrique


Alors que l'empire romain d'Occident succombait à l'issue d'une succession désastreuse de pertes territoriales et de luttes intestines, l'empire romain d'Orient traversait le Ve siècle sans subir de dommages majeurs. Si Constantinople n'échappa pas aux guerres civiles, aux défaites militaires, ou encore à une très forte pression barbare dans les Balkans, ces épreuves ne mirent pas fondamentalement en péril la stabilité politique ou encore l'assise économique de l'empire. En effet, durant ce siècle, la plupart des empereurs qui se succédèrent sur le trône régnèrent longtemps alors que l'absence de conflits prolongés avec les Perses sassanides laissèrent les provinces les plus riches du domaine impérial inviolées. A son avènement, l’empereur Justinien (527-565) disposait donc d’une armée importante financée par une administration fiscale efficace.

Une des causes souvent évoquées de la chute de l’empire romain d’Occident est la décadence supposée de son armée à partir des réformes initiées par Dioclétien, symbolisées par la disparition des grandes légions à dix cohortes du principat. Hors, évoquer brièvement la destruction du royaume vandale d’Afrique par Bélisaire, brillant général dépêché par Constantinople, offre l’occasion de revenir sur les caractéristiques de l’armée romaine sous le règne de Justinien. Comme celle-ci était encore très similaire à celle de Théodose un siècle plus tôt, cette campagne donne un aperçu des capacités de l’armée romaine tardive, malgré l’inévitable imprécision induite par le manque de sources décrivant l’institution dans sa globalité. Deux siècles séparent ainsi deux manuscrits essentiels; la Notitia Dignitatum et le Strategikon de Maurice, alors que comme toute institution, l’armée évoluait constamment. De plus hier comme aujourd’hui, les dotations et l’organisation théorique sont une chose, la réalité des faits en est une autre. 

Adrien Fontanellaz