Stéphane
Mantoux est agrégé d’histoire, anime le blog Historicoblog3 et a cofondé les
blogs l’autre côté de la colline et U235. Il collabore de longue date avec
plusieurs titres de la presse spécialisée en histoire militaire et de défense
et a déjà publié une Offensive du Têt paru
chez Tallandier en 2013. Dans son second livre, publié par les éditions Lemme
edit dans leur collection Illustoria, Stéphane Mantoux propose une synthèse sur
les guerres ayant marqué l’histoire du Tchad contemporain et a bien voulu répondre à nos questions sur son ouvrage.
mercredi 1 avril 2015
dimanche 1 mars 2015
La guerre du Sonderbund
Souvent
perçue comme un oasis de concordance et de modération, la Suisse dût pourtant
surmonter de vives tensions afin de parvenir à élaborer son architecture
politique et institutionnelle contemporaine et dont la mise en place date de
1848, année de l’adoption d’une constitution fédérale, dotant le pays d’une
Assemblée fédérale et surtout d’un exécutif permanent, le Conseil fédéral. Cet
accouchement se fit pourtant au forceps car il fallut une guerre civile, connue
sous le nom de guerre du Sonderbund, pour surmonter les antagonismes exacerbés
qui divisaient le pays. L’affrontement fut cependant court et peu sanglant et
n’est souvent décrit que par quelques phrases dans les livres d’histoire. La
Suisse se trouva pourtant au bord du gouffre durant quelques semaines et un
conflit plus long aurait pu avoir des conséquences incalculables sur l’avenir
du pays. In fine, si cette guerre fut la résultante d’un faisceau de facteurs politiques,
économiques et religieux, la manière dont elle se déroula favorisa grandement
l’émergence d’une solution politique durable.
A cet égard, elle constitue un exemple où l’histoire militaire s’avère nécessaire
à la compréhension globale d’un phénomène beaucoup plus large – en
l’occurrence, la naissance de la Suisse moderne.
Adrien
Fontanellaz
dimanche 1 février 2015
Renaissance de la marine japonaise 1945-2014
La
« force d’auto-défense maritime » japonaise, héritière
de la flotte impériale totalement démantelée en 1945, est devenue
depuis 2012 la 3ème
marine militaire du monde en termes de tonnage1,
derrière ses homologues américaine et russe. Elle se retrouve
maintenant en première ligne face à une Chine qui entend s’affirmer
de plus en plus sur mer. La marine du soleil levant est aujourd’hui
à un tournant de son histoire, tiraillée entre son statut, très
contraint par la constitution japonaise, et un contexte
géostratégique tendu. Mais revenons tout d’abord sur les
circonstances de l’émergence de ce géant maritime très discret,
et comment en est-il arrivé là.
Jérôme Percheron
Libellés :
AEGIS,
APL,
Corée du Nord,
force d’autodéfense japonaise,
Hakuryu,
Haruna,
Huyga,
Isé,
Izumo,
Japon,
Jérôme Percheron,
Kirishima,
Kongo,
Liaoning,
Liu Huaqing,
missiles basilstiques,
Senkaku,
SM-3,
Soryu,
Type 52
jeudi 1 janvier 2015
La bataille de Peregonovka, un tournant de la guerre civile russe ?
La
bataille de Peregonovka en septembre 1919 n'a jamais eu un grand retentissement y
compris dans l'historiographie de la guerre civile russe. Les
Soviétiques ne pouvaient célébrer un combat remporté par une
armée anarchiste tandis que les Blancs ne voulaient rappeler qu'ils
avaient en cette occasion été battus
par une troupe de paysans. Seule les fidèles de Nestor Makhno ont
entretenu la mémoire de cette bataille en affirmant qu'elle a marqué
un tournant de la guerre civile. Selon eux, en obligeant l'armée
blanche de Denikine en route sur Moscou, à détourner des troupes
vers l'Ukraine, Makhno a en effet favorisé la contre-attaque
soviétique d'Orel qui a mis un terme final aux ambitions blanches de
s'emparer de Moscou et d'abattre le pouvoir soviétique.
David FRANCOIS
Libellés :
1919,
armée blanche,
armée insurrectionnelle,
armée rouge,
Bataille de Peregonovka,
David François,
Denikine,
Guerre civile russe,
Nestor Makhno,
Ukraine
lundi 1 décembre 2014
Le Grand tourment sous le ciel - Deuxième période : L'Expédition du Nord (1) ou la réunification ratée de la Chine (1925-1930)
Par Albert Grandolini
Remarques préliminaires
Tous travaux concernant la Chine se
heurtent à la transcription des idéogrammes chinois en alphabet
latin. Compte tenu que l’auteur s’est appuyé principalement sur
des sources anglophones, certaines datant d’une période antérieure
aux année 1980, date à laquelle le système de transcription Pinyin
a commencé à s’imposer, il a pris le parti d’utiliser l’ancien
système Wade Giles, alors la norme internationale en usage. Le
système de l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO),
longtemps utilisé en France, fonctionne sur le même principe de
retranscription phonétique. Au delà de l’exercice périlleux de
tous retranscrire en Pinyin, il est à noter que de nombreux noms de
localités ou de repères géographiques ont changé de dénomination
depuis 1949 en Chine. En se référant aux sources de l’époque, il
limite au minimum les erreurs de traductions des noms alors en usage.
Au delà des problèmes linguistiques, il est à remarquer que se
cache aussi un problème politique car aujourd’hui encore Taiwan,
la « province rebelle », refuse d’utiliser le Pinyin,
préférant toujours le Wade Giles.
Les lecteurs désireux de se faire
préciser la prononciation d’un mot pourront néanmoins se référer
à l’annexe du tableau des conversions de l’UNESCO.
L’alliance Kuomintang –
Parti communiste
A l’issue de l’effondrement du
pouvoir impérial en 1911, la Chine a sombré dans l’anarchie,
divisée en cliques militaires qui s’affrontent. Un
« gouvernement » formé par des alliances instables siège
toujours à Pékin et reste reconnu par les puissances étrangères
tant qu’il ne remet pas en cause les « traités inégaux »,
notamment le contrôle financier que ceux-ci exercent de facto et les
zones d’extraterritorialités octroyées, en fait de véritables
colonies que constituent les concessions internationales, sans
oublier le droit à leurs canonnières de naviguer sur certains
fleuves chinois. Ce qui subsiste du gouvernement révolutionnaire du
Kuomintang (KMT) s’est retranché à Canton. Après de vaines
alliances avec certains seigneurs de guerre, systématiquement
trahis, le chef historique de la révolution chinoise Sun Yat-sen
prend enfin conscience qu’il lui faut forger un véritable parti
discipliné et un outil militaire efficace s’il veut un jour
réunifier le pays en lançant ce qu’il appelle de ses vœux
« l’expédition du Nord ». Pour cela, il envisage de
créer une armée nouvelle où les cadres seront dévoués à la
cause de la révolution par une instruction à la fois militaire et
idéologique. Il doit aussi élargir sa base politique et cherche à
rallier à sa cause tous les partis qui cherchent à renverser le
pouvoir des cliques militaires ou Tuchüns (2). Sun Yat-sen s’adresse
aussi à la seule autre force à prétention révolutionnaire
présente en Chine, le tout nouveau parti communiste chinois (PCC).
samedi 1 novembre 2014
Les derniers feux d’un soleil se couchant sur l’Empire – 2ème partie
La campagne terrestre des Malouines
Fin
mai 1982. La tête de pont de la baie de San Carlos maintenant sécurisée et la
première position argentine de Goose Green prise, les troupes britanniques font
mouvement vers la capitale Port Stanley. Pour la plupart à pieds et lourdement
chargés, Les Royal Marines et les parachutistes s’enfoncent dans un paysage de
tourbe baigné par l’hiver austral. Les Argentins ont eu tout le temps de
préparer des positions défensives bien équipées, et de nombreux officiers
brûlent de faire leurs preuves afin se faire remarquer par la junte au pouvoir…
(Cet
article fait suite à celui concernant le débarquement britannique aux
Malouines)
Par
Jérôme Percheron
![]() |
|
Direction
Port Stanley ! (source :
http://www.militariarg.com/task-force.html)
|
jeudi 11 septembre 2014
Réduction de voilure
Lors de sa création le 1er
mars 2013, nous avions annoncé viser une cadence de publication de trois
articles par mois sur l’autre côté de la colline. Cet objectif a généralement
été maintenu depuis, notamment grâce aux précieuses contributions de Jérôme Percheron,
Albert Grandolini et Nicolas Aubin.
Cependant, nous, les trois rédacteurs, sommes depuis quelques mois confrontés à des changements d’ordre professionnel ou
privé ayant pour effet de réduire le temps dont nous disposons pour la
rédaction d’articles. Cet état de fait ne nous laisse hélas d’autre choix que
de ralentir l’activité du blog à raison d’un seul article par mois.
La rédaction
lundi 1 septembre 2014
Le 64e sentai 1938-1942
Moins connus que les unités de
Mitsubishi A6M de l’aéronavale, les régiments de chasse de l’armée impériale
jouèrent pourtant un rôle vital dans l’acquisition de la supériorité aérienne
par les forces japonaises dans le Sud-Est asiatique. Le 64e sentai
bénéficia d’une grande notoriété au Japon durant la guerre, en partie grâce à
l’exploitation du charisme de son commandant par la propagande, mais aussi avec
la sortie d’un film relatant de manière très romancée les exploits de l’unité.
Voici donc l’histoire de ce régiment, de sa création à la conquête de la
Birmanie.
Adrien Fontanellaz (article
déjà publié sur Militum Historia)
Libellés :
64 sentai,
Adrien Fontanellaz,
armée impériale japonaise,
Birmanie,
Buffalo,
combats aériens,
Hayabusa,
Hurricane,
Ki-43,
Malaisie,
P-40,
Singapour,
Takeo Kato,
Type 1,
Type 97
vendredi 1 août 2014
L'armée impériale russe pendant la Grande Guerre (1914-1917)
Le billet a été mis à jour.
Le
front de l'est est un des grands oubliés1
de l'histoire militaire, et en particulier française. Je ne parle
pas du conflit germano-soviétique, de 1941 à 1945, mais bien du
front de l'est de la Première Guerre mondiale, où se font face
Allemands et Austro-Hongrois d'un côté, et Russes de l'autre, pour
l'essentiel. Alors que la commémoration du centenaire voit fleurir
les ouvrages et articles en français consacrés au front de l'ouest,
vu et disséqué sous tous les angles ou presque, ceux qui parlent du
front de l'est sont rarissimes, voire inexistants. Dans l'opinion
commune, l'armée impériale russe reste un « rouleau
compresseur » mis en échec dès le mois d'août 1914 à
Tannenberg, ravagé par l'alcoolisme, la désobéissance et la
désertion, et qui s'effondre comme un château de cartes en 1917.
Cette vision datée se base souvent sur la lecture d'ouvrages
dépassés qui font encore autorité aujourd'hui. Or, l'armée
impériale russe, pendant la Première Guerre mondiale, est loin
d'être ce colosse aux pieds d'argile que l'on se plaît et complait
à peindre encore et toujours. En réalité, les problèmes qu'elle
rencontre sont loin de lui être exclusifs, par rapport aux autres
pays engagés dans le conflit. Les buts de guerre et les objectifs
stratégiques ne font pas l'objet de dissensions. L'armée a reçu
les moyens nécessaires, et la Russie a été capable de mettre en
marche son économie de guerre. La structure stratégique et
opérative est appropriée et la structure opérative-tactique de
l'armée russe correspond à la doctrine d'avant-guerre. Ces
avantages sont éclipsés en 1914-1915 par plusieurs facteurs. Si
ceux-ci sont résolus en 1917, la Russie n'a pas réussi à surmonter
en revanche le problème des effectifs. C'est parce que ces problèmes
se combinent avec l'opposition politique et les contraintes
économiques sur la population qu'a lieu la révolution de février
1917, alors que paradoxalement l'armée russe a fait preuve d'une
grande faculté d'adaptation à partir de 19152.
Partons à la découverte d'une armée dissoute dans la tourmente des
révolutions de 1917, qui n'avait pas été vaincue militairement
jusqu'à cet événement déterminant, mais qui, par le discours des
bolcheviks qui lui ont succédé, parfois des récits des émigrés
« blancs » pourtant issus de cette même armée
tsariste, et d'une historiographie occidentale qui peine parfois à
sortir de son « pré carré », reste encore
largement dans l'ombre.
Stéphane Mantoux.
Libellés :
1914,
1917,
armée impériale russe,
Autriche-Hongrie,
Broussilov,
Gorlice,
Grande Guerre,
historiographie,
Nicolas II,
Russie,
Tanneberg,
Tarnow,
tsar
jeudi 10 juillet 2014
La première bataille d'Angleterre et la naissance du bombardement stratégique
La
Première Guerre mondiale voit l'apparition de la guerre aérienne
qui devient un élément essentiel de la guerre moderne. Si cette
nouvelle arme fait ses preuves sur le plan opérationnel, notamment
tactique, les bases de son utilisation stratégique sont également
posées durant le premier conflit mondial avec les prémisses de ce
qui sera appelé ultérieurement le bombardement stratégique. Il
s'agit d'abord par ce moyen de frapper la machine de guerre adverse
loin en arrière du front afin de la paralyser, mais le bombardement
du territoire ennemi est aussi une arme psychologique destinée à
terroriser les populations civiles. Si des raids de bombardement ont
lieu sur Paris, la Belgique, en mer Baltique et même en Afrique
entre 1914 et 1918, les seules campagnes systématiques visant des
objectifs civils et militaires se déroulent contre l'Angleterre.
Pour
cela l'Allemagne possède une longueur d'avance sur ses adversaires
notamment grâce à aux progrès technologiques réalisés outre-Rhin
dans le domaine des appareils plus léger que l'air. La flotte de
dirigeables, essentiellement de marque Zeppelin, de l'armée du
Kaiser, conçue à l'origine pour des missions de
reconnaissance et de collectes d'informations afin de signaler les
mouvements de l'infanterie ou de découvrir les positions de
l'artillerie ennemie, va devenir pour les populations civiles
anglaise le symbole de la mort venant du ciel. Transformés en
bombardiers, les Zeppelins vont en effet réussir à répandre la
peur dans toute l'Angleterre.
David FRANCOIS.
Inscription à :
Articles (Atom)


